vendredi 28 novembre 2014

Qu'est-ce qu'elle raconte ?!

Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, je commence cet article par... un autre article.
Qu'est-ce qu'elle raconte ?!!
Je suis membre d'un forum d'écriture (mais pas que...), je vous en ai déjà parlé. La particularité de ce forum, à mes yeux, c'est son humanisme et sa tolérance.  Nous sommes plusieurs à avoir déjà publié et c'est là où je veux en venir.

Light, Man, Night, Person
Un fléau dont il est possible de venir à bout

L'une d'entre nous a publié un article susceptible à mon avis d'intéresser un certain nombre de parents, de proches. Il s'agit de trouver ce qui peut convaincre un adolescent de cesser de fumer.
Tout le monde, y compris les fumeurs, sait que fumer est mauvais pour la santé.

Alors ?

Alors, je vous invite à aller consulter cet article qui, non seulement, offre des conseils intelligents et originaux, mais vous donne également les références d'un livre écrit par une personne qui sait de quoi elle parle et qui aborde l'arrêt du tabac sous une forme originale et surtout efficace.
Il s'agit d'un livre, mais pas seulement. Je vous laisse le découvrir en toute confiance.

Précision : je ne touche aucune commission ; c'est seulement l'occasion pour moi de partager avec vous des informations de qualité.

Sinon quoi ?
Je travaille sur la version papier de mon roman, afin de pouvoir le proposer à tous ceux qui n'apprécient pas de lire sur un écran.

Je vous tiens informés de la suite et vous souhaite, en attendant un excellent week-end.

mercredi 26 novembre 2014

Aujourd'hui : publication officielle de mon roman !

Beach, Champagne, Cheers, Clink Glasses
ça y est!!!


C'est fait ! C'est parti ! Alea jacta est ! Mon roman ne m'appartient plus... Il est à vous, si vous le souhaitez. Il est pour vous. 
Vous le savez, c'est aujourd'hui la publication officielle de mon roman sur Amazon. Il est à 1,64€ exactement et en version numérique pour le moment.
Je ne suis pas très douée pour me mettre en avant, mais écrire pendant des mois, seule face à son ordinateur mérite finalement, je crois, de s'accorder le droit de se faire connaître.
Je vous le disais régulièrement sur ce blog, j'écrivais en pensant à vous, en particulier, à vous qui m'avez suivie et encouragée.
Comme promis, je vous envoie le PDF.
Comme promis également, je vous fais part de mon autre passion, en vous glissant quelques photos plus parlantes que de longs discours.

Un paysage de rêve personnel


La beauté du corps féminin

La beauté de la nature

Un paysage imaginaire




Voilà ! Vous savez tout ! Mon autre "dada" est la peinture, l'art sous toutes ses formes. Je grave, je peins avec les pinceaux, les doigts, je dessine, bref, tout ce qui touche à l'art me plaît !
Le contact avec la peinture est, pour moi, presque sensuel, en tout cas, je peux dire que je me sens intimement liée à la peinture ; étrange comme formulation, mais conforme à ce que je ressens :-)

Je vous en reparle prochainement, au fil de mon inspiration et de mes avancées.
En attendant, je vous souhaite une merveilleuse journée et une bonne lecture, si vous décidez de faire l'acquisition de mon livre. N'hésitez pas, dans ce cas, à laisser un commentaire, ça me fera très plaisir et m'aidera à évoluer.

vendredi 21 novembre 2014

J'ai cliqué !

Oui, après des mois d'écriture, d'échanges avec vous, j'ai enfin cliqué !
Vous l'avez compris, n'est-ce pas ?
J'ai cliqué sur le bouton qui me permet de publier mon roman sur Amazon.

Apple, Chair, Computer, Desk
ça y est, c'est fait !

Alors quoi ?
Alors, ça fait bizarre. Un petit pincement au coeur, une appréhension. L'impression de se livrer au regard de tous et de chacun. Moi qui ne suis pas douée pour occuper le devant de la scène...

Ce n'est pas la première fois, pourtant. Mes précédentes nouvelles ont toutes été publiées sur Amazon.
Mais, cette fois, il s'agit d'un roman que je cogitais depuis un bon bout de temps et puis, j'ai l'impression que l'appréhension et toutes ces questions qui accompagnent la publication d'aujourd'hui sont présentes à chaque lancement d'un livre.

Alors, oui, cette fois, alea jacta est, les dés sont lancés ! Je vous laisse découvrir la couverture que j'ai retenue, finalement sur Amazon et plus, si affinités :-)

Je veux remercier les personnes qui m'ont soutenue en commentant les extraits que j'ai publiés sur ce blog, en leur envoyant gratuitement le PDF.

Sinon, sachez que si vous voulez me soutenir une dernière fois, ce serait bien d'acheter mon roman qui est  à 1,64 € sur Amazon, mercredi prochain.
Pourquoi ?
Parce que plus il y aura de personnes achetant mon livre à sa sortie, plus il aura de chances de se faire connaître.
Pour les mêmes raisons, n'hésitez pas à en parler à vos contacts...

Je rappelle qu'il n'est aucunement nécessaire d'acheter un Kindle pour lire un livre numérique. En téléchargeant un logiciel gratuitement, à partir d'Amazon, vous pourrez lire autant de livres numériques que vous le souhaiterez.
Pour que vos achats de livres sur Amazon riment avec plaisir, je vous invite à consulter cette page issue du blog d'une amie qui maîtrise la question et répond à toutes vos questions éventuelles.

Et, si vous voulez encore me soutenir une dernière fois (oui, je sais, ça fait 2 dernières fois !!), je vous serai très reconnaissante de laisser un commentaire sur Amazon.
Pourquoi ?
Je suppose que, comme moi, vous jetez un oeil sur les commentaires, lorsque vous souhaitez acquérir un livre...C'est pourquoi il est si important de donner votre avis, votre ressenti, afin de permettre à d'autres lecteurs de faire leur choix et, facultativement, à moi, de me sentir un peu satisfaite et/ou de tenir compte de vos remarques pour la suite.

Et maintenant ?
L'aventure n'est pas terminée pour autant, car, à présent, je vais suivre mon livre de loin, un peu comme un enfant devenu grand que l'on ne perd pas de vue, mais que l'on laisse évoluer à sa guise...

Je reviendrai également vous parler de mon autre passion à laquelle j'ai décidé de consacrer davantage de temps à présent... à suivre :-)

En attendant, je vous souhaite une très bonne journée et quelle que soit votre participation à la croissance de mon livre, je vous remercie d'être là, juste là, tout près :-)

mercredi 19 novembre 2014

Pourquoi écrire ?

Hand, Notebook, Pc, Technology
Pourquoi ?

Pourquoi écrire ? Pourquoi passer tant d'heures, seul(e) devant un ordinateur ou un stylo à la main ?
Pourquoi s'isoler, se mettre à l'écart, travailler si longtemps sans rien attendre en retour (en tout cas, pas tout de suite, pas forcément...) ? Pourquoi ?

Anaphore "Pourquoi" aurait dit la collègue du père de Layane...

Ce sont les questions qui me viennent à l'esprit, à la veille de publier mon roman.

Ceux qui me suivent le savent, l'écriture de ce roman a débuté il y a quelques mois de cela et, lorsque je m'attarde sur les moments passés devant mon ordinateur à écrire, effacer, recommencer, chercher, laisser tomber, reprendre, raturer, me décourager, reprendre... j'ai le souvenir de réels souffles de vie, de bonheur.

Faire vivre mes personnages, éprouver leurs émotions et vibrer avec eux, grâce à quelques lettres choisies parmi tant d'autres...

Vivre dans une autre réalité, juste pour le plaisir de ressentir, de partager et de découvrir au fil de l'écriture, tout comme vous, au fil de la lecture, le destin d'êtres de plume.

Le plaisir des mots, des sonorités, du langage qui dit, émeut, distrait, pleure, suggère...

Avant tout, je crois que là est le pourquoi de la personne qui écrit.

Je souhaite à tout le monde de pouvoir coucher sur le papier ou sur l'écran les mots qui demandent à naître, à vivre, à exprimer ce qui se niche au coeur de chacun. L'écriture est une force, au même titre que l'art en général. Dire, échanger, transmettre, partager, éveiller... de jolis mots que beaucoup de dictateurs s'empressent, toujours à l'heure actuelle, de réduire au silence;

Ecrire, exprimer sous toutes les formes possibles, parce que nous sommes humains, parce que nous vivons ensemble, tout simplement.

Pensez à ces mots de Paul Claudel que j'ai déjà partagés avec vous, en citation:
"L'écriture a ceci de mystérieux qu'elle parle."

Ou encore ceux-ci de Romain Rolland :
"L'art est le rêve de l'humanité, un rêve de lumière, de liberté, de force sereine."

Je vous souhaite à tous une journée lumineuse et sereine.


vendredi 7 novembre 2014

Le puzzle se met en place

Si vous voulez tout reprendre depuis le début, c'est ici.... Sinon, sachez que la publication de ce roman est imminente :-)

L’homme se lève, prend son sac et la suit. Tout se fait naturellement, simplement.
-          Tu en as mis un de temps ! T’as une idée de l’heure qu’il…
Alian aperçoit soudain l’homme qui suit sa femme. Il hésite. Un client ?
-          Je te présente Antoine. Il… Je lui ai proposé de prendre son déjeuner chez nous à titre gracieux. Il…
-          Monsieur, bonjour. Je me présente, Antoine Dufour. Votre épouse m’a gentiment invité à prendre mon repas chez vous. Je peux, si vous le souhaitez, vous donner un coup de main avant que les premiers clients n’arrivent. J’ai fait la plonge dans un grand restaurant de la ville, durant quelques mois.
-          Non, merci. Sylvie, tu peux m’accompagner en cuisine, s’il te plaît ?
-          Installez-vous à cette table, Antoine, j’arrive.

Blowing, Child, Dandelion, Flower
Oui à la vie
Tandis que le couple s’éloigne, Antoine prend place tranquillement et s’amuse à observer les badauds. Certains déambulent, se souciant peu de ce qui les entoure, cherchant juste à profiter de la joie d’être avec leurs enfants, compagnes ou compagnons.
D’autres pensent également faire honneur à la vie en accumulant l’achat de souvenirs dans les très nombreuses et tentantes boutiques de la rue. Chacun trouve le bonheur là où il le cherche. A-t-il la même valeur ? Procure-t-il le même sentiment de plénitude ?
Antoine sourit. Il connait les réponses. La rue s’est chargée de les lui apporter. Aujourd’hui, il est serein. Il se demande juste ce qui se cache derrière cette rencontre. De toute façon, il est prêt. Il fait confiance à la vie. S’il est ici, c’est qu’il doit l’être.
-          Qui c’est ce type ? Où est-ce que tu l’as connu et pourquoi tu l’as invité ?
C’est normal. Sylvie s’attendait à toutes ces questions et elle s’empresse d’y répondre, tout en aidant son mari à préparer les salades.
-          Tu comprends, quand j’ai entendu la remarque de cet homme, ça m’a tellement indignée !
-          Oui, il y a des gens qui sont tellement déconnectés avec la réalité qu’ils perdent toute humanité ! N’empêche, tu n’étais pas obligée de faire venir ce SDF ici.
-          Tu as raison, je ne sais pas trop pourquoi j’ai agi comme ça…
-          Je ne me serais jamais douté qu’il vive dans la rue, en tout cas.
-          Oui, c’est ce qui m’a intriguée chez lui. Malgré ce qu’il endure, on dirait qu’il a su garder sa fierté, comme si c’était un choix assumé pour lui d’être sans domicile. En fait, je crois que je l’ai invité, parce que je voulais en savoir plus.
-          Tu lui donnes quel âge ?
-          Pas plus de quarante-cinq ans, je crois.
Le carillon de la porte d’entrée se fait entendre. C’est parti pour environ trois heures non-stop.


*****

-          De Compiègne ! Étranger ! Je n’y comprends rien !
Depuis que j’ai retrouvé mon chez-moi, assise sur la banquette, les paroles de la patronne tournent en boucle dans mon cerveau endolori.
-          Et l’autre bourrin qui est arrivé pile-poil quand elle allait me dire son nom !
Je regarde mon portable, mais il demeure désespérément silencieux, malgré les deux messages que je lui ai envoyés en sortant du restaurant, dans une dernière tentative d’obtenir un nom.
-          Elle ne me répondra pas… son mari a dû la museler. Elle a la trouille.
Pourtant, le peu que j’ai réussi à glaner d’informations a décuplé ma motivation. Au fil de mes recherches et des renseignements que j’obtiens, j’ai l’impression de peu à peu donner vie à mon père.

J’ai l’intuition forte qu’il est toujours en vie et que le fil qui nous relie n’est pas brisé. À moi de le remonter.

Les pièces du puzzle se mettent en place peu à peu. La motivation de Layane ne faiblit pas et Sylvie, pour une fois, a laissé parler son instinct. Reste à comprendre ce qui relie ces deux femmes sensibles et têtues.

Bon week-end, peut-être prolongé pour certains. Et si le temps est automnal, quoi de plus normal ? :-) Profitez-en pour prendre soin de vous et, le cas échéant, pour partager de chaleureux moments avec ceux qui vous sont chers. 

mercredi 5 novembre 2014

Comment concevez-vous Noël ?

Candles, Chillies, Hot
Je songe à Noël

Personnellement, Noël ne peut être synonyme de fête commerciale, d'achats à tout-va, de repas plus lourds à digérer les uns que les autres....
Alors, quoi ?!
Alors, famille, chaleur, douceur, tendresse, plaisir, simplicité.
Ces mots résonnent davantage à mes oreilles. Vous me direz peut-être que ces mots peuvent aller de pair avec ce que j'ai rejeté précédemment.
Peut-être...


Brownies, Chocolate, Christmas, Cookies
Un Noël sucré et tendre

J'imagine un salon rayonnant d'une lumière douce. Une atmosphère ouatée qui enveloppe chacun d'amour et de tendresse. Les parfums sucrés des petits fours que les enfants ont préparé avec leurs aînés. Le simple plaisir d'être ensemble, paisibles, au chaud. Un luxe pour beaucoup.

Une pensée justement pour tous ceux qui se sentent plus rejetés, plus seuls encore que d'habitude. Pour tous ceux qui, en apercevant la lumière à travers les volets, en entendant même parfois les rires cristallins des enfants, plongent plus profondément encore dans leur solitude.

Des pensées bien inutiles, me direz-vous, puisqu'elles ne peuvent rien changer. Peut-être.
Au moins, permettent-elles d'avoir conscience de la chance que l'on a parfois. De susciter de la gratitude pour ce qui nous est donné. De faire éventuellement un geste en donnant un peu de temps à ceux qui en ont besoin.

Ce billet, c'est aussi pour vous inviter à aller voir du côté de ce blog que j'ai découvert il y a peu. Je ne touche aucune commission pour vous en parler ; c'est juste qu'il emprunte un chemin que j'apprécie de suivre.

Vous pourrez y puiser des idées de cadeaux écolos, des informations utiles, des recettes sympas...
J'ai surtout aimé le défi du mois : fabriquer de jolis cadeaux de Noël utiles et écologiques.

Moins de deux mois pour réfléchir, concevoir, trouver ce qui fera de ce prochain Noël un jour peut-être pas exceptionnel, mais qui restera dans le coeur de chacun, au chaud, là où sont enfouis les souvenirs heureux, les sourires et les gestes tendres.

Prenez soin de vous et à bientôt :-)

jeudi 30 octobre 2014

Des rencontres intéressantes


Pff ! Comme je l'évoquais dans un précédent article, le temps passe trop vite, même après le changement d'heure !
En tout cas, le travail de mise en page progresse. La couverture est prête ! 
Je suis ravie ! Grâce à vos commentaires et au travail d'une personne très compétente, mon roman a gagné une très belle couverture que vous pourrez bientôt découvrir...

En attendant, je vous livre la scène que Layane espère décisive pour orienter sa recherche. Quant à Sylvie, je vous laisse découvrir l'étrange rencontre qui l'obligera à se remettre en question.


Artist, Black-and-white, Magic, Man
La rue offre des rencontres inattendues

C’est alors qu’elle s’approche :
-          Un dessert ?
-          Non, merci. Un café, s’il vous plaît.
-          Je vous l’apporte tout de suite.
Je vais enfin savoir de quoi il retourne.
-          Tenez, votre café.
Puis, elle change de ton et me glisse tout bas :
-          Je n’ai pas eu le temps d’écrire. Quand vous avez parlé de celui que vous recherchez, ça m’a tout de suite rappelé ce cuisinier qu’on avait embauché. Il était jeune, pas plus de vingt ou vingt-cinq ans, je ne sais plus. On en était content, mon mari et moi, il travaillait bien.
Et puis, je ne sais pas ce qui s’est passé. Du jour au lendemain, il a commencé par arriver en retard, ensuite, il trouvait des excuses pour partir plus tôt. En cuisine, il oubliait certains ingrédients sur les pizzas ou les faisait brûler.
Bref, mon mari s’est énervé. Il faut le comprendre, les clients étaient mécontents et pour nous, c’était vraiment embêtant, d’autant plus qu’on n’était pas ouvert depuis longtemps, alors, il nous fallait nous bâtir une bonne réputation.
Mon mari était très déçu. Il avait misé sur ce gars et pensait avoir trouvé un bon employé. D’abord, il a cherché à lui parler, à essayer de comprendre ce qui n’allait pas, mais pas moyen d’obtenir la moindre information.
Et le jour où il est arrivé, imbibé d’alcool, ça a été la goutte de trop, si je puis dire. Mon mari a vu rouge et l’a mis dehors violemment. Il était hors de lui.
Trop, c’est trop, vous comprenez ? Et sa colère était à la mesure de sa déception. Il l’a licencié pour faute grave, en sachant qu’il aurait bien du mal à retrouver du travail dans ces conditions, mais je n’ai rien pu faire.
C’est pour ça… cette histoire m’a laissé un goût de culpabilité, alors, si aujourd’hui, je peux faire quelque chose.
Abasourdie, les pensées s’entrechoquent dans ma tête. Puis, la question, qui me taraude depuis ma première visite, surgit :
-          Mais pourquoi votre mari m’a dit qu’il n’embauchait pas les étrangers ? Pourquoi ? Quel rapport ?
À cet instant, le patron ouvre la porte donnant sur la salle. Très vite, sa femme me chuchote en reprenant son plateau :
-          L’homme que vous cherchez faisait étranger, c’est pour ça.
-          Mais d’où venait-il ? Comment s’appelle-t-il ?
-          Il venait de Compiègne, mais il était très brun, les yeux foncés, pas comme on s’imagine les gens du nord, quoi ! Il…
-          Qu’est-ce que vous faites encore là ?
Le patron fonce vers ma table, tandis que sa femme s’éclipse immédiatement.
-          Je me suis offert une de vos pizzas, que j’ai d’ailleurs fort appréciée. Pourquoi ?
Feindre l’idiote est une de mes spécialités, car j’ai souvent constaté que ça me permettait de sortir facilement de beaucoup de situations délicates.
Effectivement, le patron me regarde, bouche bée, ne sachant plus très bien quelle contenance adoptée .
-          Très bien. Tant mieux. L’addition ?
-          Oh, mais vous faites le service aussi ?
Il me lance un regard noir et appelle sa serveuse, en tournant les talons. Je le vois se diriger directement vers sa femme et lui parler à l’oreille. Tous deux se rendent ensuite dans la cuisine. J’espère qu’elle saura mentir aisément.
Pour l’heure, je m’empresse de régler mon repas avant de quitter le restaurant, sans demander mon reste.



Les jours se suivent et se ressemblent pour Sylvie et Alian. Cuisiner, servir, gérer, nettoyer et tenter, seulement tenter, de vivre un peu à côté.
Et parfois, une parole, une rencontre qui transfigure le quotidien et marque à jamais.
Nous sommes vendredi. La fatigue de la semaine se fait sentir et Sylvie éprouve de plus en plus de difficultés à se lever le matin. Au manque d’énergie se mêle l’absence d’envie et ça l’inquiète. Elle a conscience de rentrer dans une spirale dont il n’est pas aisé de sortir et qui peut s’avérer hautement destructrice.
La journée a bien commencé pourtant. Alian s’est levé avant elle et a préparé un excellent petit-déjeuner, composé de ce dont elle raffole : jus d’orange, pancakes au sucre roux et thé vert parfumé au jasmin.
Malgré son peu d’appétit, elle s’est forcée à y faire honneur pour témoigner sa gratitude, mais aussi, parce qu’elle sait qu’Alian n’aurait pas compris que ce ne soit pas le cas.
Ce copieux repas eut le mérite de leur permettre de ralentir la course du temps et d’apprécier le calme de leur appartement, avant le brouhaha permanent lié à l’affluence des clients au restaurant.
Malheureusement, une fois arrivés sur leur lieu de travail, Alian s’énerve tout de suite, parce que la commande de salades, qu’il a reçue, s’avère de très mauvaise qualité. Or, midi approche et les menus ne peuvent se concevoir sans salade verte en accompagnement.
-          J’ai ma tartiflette à terminer et les desserts à préparer. Je n’ai pas le temps de…
-          Ne t’inquiète pas, j’y vais. Je vais chercher quelques salades et je t’aiderai en cuisine avant que les clients n’arrivent. De mon côté, tout est prêt.
Soulagé, Alian se remet de suite au travail. Sylvie aurait aimé un « merci » ou un baiser, mais…
-          Tu en prends une douzaine, je m’arrangerai !
Sylvie… Merci !
Ah quand même !
En fait, elle est contente de cette excuse pour sortir un peu. Le soleil tape fort et les rues sont bondées. Elle entend un peu plus loin la mélodie qui accompagne probablement un artiste de rue qui fait son numéro, dans l’espoir d’être repéré et gagner de quoi continuer.
Elle aime cette ambiance, les sourires qui s’affichent sur les visages des spectateurs tantôt émerveillés, tantôt surpris, un instant hors du temps, hors de leurs tracas quotidiens.
Depuis quand Alian et elle ne se sont-ils pas promenés dans le dédale des ruelles anciennes, traversées par le Thiou, la plus petite rivière de France ?
Perdue dans ses pensées, Sylvie zigzague entre les touristes, quand une phrase prononcée négligemment par l’un d’eux se faufile jusqu’à ses oreilles.
-          Tu vois, moi, ces gars, j’leur donne rien. Parce que, si tu y réfléchis bien, tu te rends compte qu’ils ne servent à rien, donc, je suis désolé, mais la société ne leur doit plus rien. Logique, non ?
-          C’est clair ! Si t’es pas utile à la société, tu n’as pas à lui réclamer quoi que ce soit.
Sylvie s’est arrêtée net. Atterrée, elle observe les deux comparses, insouciants et sûrs d’eux, jeter un œil dédaigneux sur un SDF assis à même le sol, puis poursuivre leur chemin.
C’est impossible ! On ne peut pas raisonner comme ça…
Les gens passent. La plupart, sans un regard. Quelques-uns jettent une pièce ou glissent un sourire à cet homme d’un âge indéfinissable. Il est assis en tailleur, le dos droit, digne et souriant. L’on sent qu’il tient à garder une apparence propre et correcte, dernier signe probablement d’appartenance à la société des hommes.
La scène s’est déroulée très rapidement et Sylvie se demande à présent si elle n’a pas rêvé. Cette façon d’être et de penser est tellement à des années-lumière de ses convictions.
Qui est utile à qui ? Dans quelle mesure ? Être vivant ne suffit-il pas à appartenir à la société et à lui apporter quelque chose ? Comment juger de ce que la société doit à chacun ?
Elle se souvient d’un prospectus sur un dénommé Pierre Rabhi et les actions menées par son association. Une phrase avait retenu son attention. Elle évoquait le fait que, dans notre société, tout ce qui n’a pas de parité monétaire n’a pas de valeur. En conséquence, chaque personne est effacée socialement, si elle n’a pas de revenu.
Les propos qu’elle vient d’entendre en sont l’illustration parfaite.
Absorbée par ses réflexions, elle n’a pas encore remarqué le regard insistant du SDF sur elle. Quand elle le perçoit, il lui sourit avec une telle bienveillance qu’elle en est totalement bouleversée.
Mue par une pulsion inconsciente, elle va à sa rencontre et lui tend la main.
-          Moi, c’est Sylvie.
-          Et moi, Antoine.
Et maintenant ? Elle ne sait plus quoi dire !
-          Vous allez bien ?
-          Je… oui, bien sûr ! C’est à vous qu’il faut poser la question !
-          Mais je vais très bien, merci. Le soleil rayonne tout autour de moi, les gens sont souriants et…
-          Pas tous ! Avez-vous entendu ce que cet homme a dit de vous ?
-          Chaque jour, j’entends et j’assiste à des scènes qui pourraient être désagréables pour moi, si j’en faisais une affaire personnelle, mais ce n’est pas le cas.
Son sourire est contagieux. Sylvie se sent bien auprès de lui. Elle a envie de prolonger ce contact.
-          Je tiens un restaurant avec mon mari à deux pas d’ici. Si vous le désirez, vous êtes mon invité.
-          D’accord.

L’homme se lève, prend son sac et la suit. Tout se fait naturellement, simplement.

Il est parfois des rencontres qui balisent notre chemin de vie.
Bonne journée à tous. Profitez bien les uns des autres :-)